Le cheval Cabré à deux têtes, Montezemolo et Todt

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Ryoma
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Re: Le cheval Cabré à deux têtes, Montezemolo et Todt

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Luca di Montezemolo a pris la défense de Fred Vasseur après les critiques visant le team principal de Ferrari à la suite du Grand Prix des Pays-Bas et en profite pour égratigner la haute direction du groupe.

L’ancien président de la Scuderia estime que le véritable problème ne réside pas dans l’absence de consignes entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc à Zandvoort, mais dans le manque de soutien dont disposerait Vasseur au sommet de Ferrari.

Montezemolo, ancien patron de la marque au cheval cabré après avoir été lui-même responsable de la Scuderia, règle ainsi ses comptes avec John Elkann, l'actuel président de Ferrari, auquel il reproche d'avoir soutenu la décision de l'écarter en 2014 prise par le CEO de Fiat Sergio Marchionne.

À Zandvoort, la gestion des deux pilotes avait suscité des interrogations. Hamilton, mieux placé au championnat et revenu sur Leclerc avec des pneus plus frais, n’avait pas bénéficié d’une consigne lui permettant de dépasser rapidement son équipier.

Une décision qui a alimenté les critiques envers Vasseur, alors que le Britannique reste engagé dans la lutte pour le titre mondial.

Montezemolo considère cependant que le débat dépasse largement cet épisode : « Après la dernière course aux Pays-Bas, j’ai entendu des critiques envers Fred Vasseur parce qu’il n’avait pas donné de consigne d’équipe entre Hamilton et Leclerc. Mais, au-delà de cet épisode, nous devrions tous nous demander avec qui le dirigeant français peut échanger dans l’entreprise. »

Pour illustrer son propos, l’ancien président de Ferrari est revenu sur l’une des périodes les plus controversées de l’histoire récente de la Scuderia. À l’époque où Jean Todt dirigeait l’équipe, Ferrari n’hésitait pas à imposer une hiérarchie très claire lorsque les intérêts sportifs de l’écurie l’exigeaient (ou pas d'ailleurs). Montezemolo évoque notamment les consignes données à Rubens Barrichello en faveur de Michael Schumacher.

« Je ne veux pas passer pour un nostalgique, mais je me souviens que lorsque Todt, en Autriche, avait ordonné à Barrichello de laisser Schumacher gagner parce que, que cela soit juste ou non aux yeux du public, c’était dans l’intérêt de l’écurie, le Brésilien s’était beaucoup plaint » se remémore-t-il.

Montezemolo affirme qu’il avait alors personnellement soutenu la décision de son directeur d’équipe et rappelé à Barrichello que les intérêts de Ferrari primaient : « Moi, qui étais le président, je l’ai fait venir et je lui ai dit : je représente Ferrari, tu es l’un de nos employés. Si les décisions de Todt ne te conviennent pas, tu peux toujours chercher une autre équipe. »

C’est précisément ce soutien institutionnel que Montezemolo estime manquer aujourd’hui à Vasseur. Le Français doit gérer deux pilotes de premier plan, dont Hamilton, encore en mesure de jouer le championnat. Prendre une décision en faveur de l’un des deux pourrait provoquer une importante polémique, particulièrement lorsqu'il s'agit de demander à Leclerc de sacrifier une position.

Pour Montezemolo, un team principal doit pouvoir prendre ce genre de décision en sachant que sa hiérarchie le soutiendra publiquement : « Je ressens la solitude de Vasseur. Qui lui couvrirait les arrières s’il devait prendre une décision, peut-être même impopulaire ? »

L’ancien président ne reproche donc pas directement à Vasseur son absence de consigne à Zandvoort. Il estime surtout que Ferrari doit lui donner suffisamment d’autorité et de soutien pour lui permettre de prendre des décisions difficiles lorsque l’intérêt de l’équipe l’exige.
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