
Prost et l’affaire du ‘camion Ferrari’ : personne n’a jamais vu l’interview !
Re: Prost et l’affaire du ‘camion Ferrari’ : personne n’a jamais vu l’interview !
La Ferrari de Prost avec le nez de la Tyrrell...qui sait ses performances


Re: Prost et l’affaire du ‘camion Ferrari’ : personne n’a jamais vu l’interview !
Après avoir manqué le titre 1990 de justesse à cause de l'accrochage provoqué par son ennemi juré, Ayrton Senna, à Suzuka, Alain Prost a connu une saison sans victoire en 1991. McLaren et Williams ont simplement construit de meilleures monoplaces que Ferrari, et même le futur retraité Nelson Piquet a décroché une victoire chanceuse pour Benetton au Canada, aux dépens de Nigel Mansell.
Prost n'est monté sur le podium qu'à cinq reprises, alors qu'il avait signé cinq victoires l'année précédente. Puis est arrivé Suzuka, théâtre de l'avant-dernière manche du championnat...
Comme l'a rapporté Autosport à l'époque, après avoir terminé quatrième du Grand Prix du Japon, Prost a déclaré : "C'était comme piloter un affreux camion. Pas le moindre plaisir."
Le pilote Ferrari parlait d'amortisseurs défaillants, qui avaient rendu la direction incroyablement lourde. Ses paroles ne visaient pas la voiture elle-même, mais les sensations provoquées par cette défaillance. Or, Maranello n'a pas tardé à réagir et l'a renvoyé juste avant la dernière course de la saison, à Adélaïde.
Prost estime avoir été licencié pour des "raisons politiques", car il voulait être davantage impliqué dans la prise de décision afin de faire avancer l'écurie. Il a lancé malicieusement que ceux qui l'avaient remercié avaient eux-mêmes été "virés deux semaines plus tard" !
Lorsque celui qui était triple champion du monde a soudainement été mis à la porte, Ferrari s'est tournée vers son pilote d'essais, Gianni Morbidelli. Même s'il courait pour l'écurie Minardi, motorisée par la marque au cheval cabré, Morbidelli était en vacances lorsque son ami et ancien patron Guido Forti lui a annoncé la bonne nouvelle : une promotion dans ce qui demeurait l'une des trois meilleures écuries du championnat.
Le succès de Morbidelli en F3 Italie et en Coupe d'Europe à Misano lui a permis de signer un contrat de pilote d'essais chez Ferrari pour trois saisons. Il n'avait alors que 23 ans et n'avait pris que 18 départs en Grand Prix avec BMS Dallara et Minardi lorsqu'il a eu cette opportunité inattendue. Imaginez l'honneur, mais aussi la pression, d'être un Italien titularisé par la Scuderia...
"J'avais déjà pu travailler avec Alain Prost et Nigel Mansell lors des essais, c'était comme un rêve pour un jeune pilote", déclare Morbidelli à propos de son rôle d'essayeur. "Prost était mon idole ! Puis, un jour, j'ai pu le remplacer chez Ferrari... J'avais à peine la vingtaine. À l'époque, les pilotes n'arrivaient pas en Formule 1 aussi jeunes qu'aujourd'hui. C'était une expérience exceptionnelle. Courir pour Ferrari était un moment incroyable pour moi."
"Je n'ai reçu le coup de fil m'informant que j'allais rouler pour Ferrari et non pour Minardi qu'à 23 heures, le mardi soir précédant le week-end de course, alors que j'étais en vacances à Port Douglas, en Australie."
Morbidelli a pu réfléchir à ce qui l'attendait pendant le voyage jusqu'à Adélaïde, et il peinait toujours à réaliser lorsqu'il est arrivé. "Remplacer Prost, mon pilote favori... J'ai dû demander au muret des stands, à la radio, pendant les essais libres : 'Je suis en train de rêver ?' Grâce à mon expérience en essais privés, je connaissais très bien la voiture, et je me suis qualifié huitième aux côtés de Jean [Alesi, son coéquipier]."
Morbidelli n'a pas démérité pour son unique Grand Prix en tant que pilote Ferrari. Malgré une météo diabolique en course, son approche constante lui a permis de marquer des points, plus précisément le premier demi-point des 8,5 qu'il allait inscrire en 67 départs dans l'élite.
"À bien des égards, j'ai été très malchanceux ce jour-là à cause de la météo. Il a tellement plu que c'était le Grand Prix le plus court de l'histoire de la Formule 1. C'était très dangereux ; il y avait beaucoup d'incidents et il était impossible de voir la piste."
"Je peux honnêtement dire que j'ai fait de mon mieux ce jour-là. Si j'avais fini sur le podium, peut-être que Ferrari m'aurait donné un contrat pour l'année d'après ? La vie aurait changé pour moi. Parfois, il faut avoir de la chance dans la vie, et les choses ne sont jamais simples."
Après seulement 14 tours et une série de gros accidents, la course a été définitivement interrompue. Mais ce demi-point octroyé pour la sixième place n'est pas représentatif de ce qui aurait été possible avec ne serait-ce qu'un tour de plus...
"En réalité, j'ai franchi la ligne d'arrivée à la troisième place, derrière Senna et Piquet, mais ils m'ont classé sixième à cause de la règle du drapeau rouge. Moralement, j'étais troisième, mais il faut accepter ce que nous réserve la vie."
"Je faisais un travail pour lequel j'ai une grande passion, avec la plus grande écurie au monde, alors je pense pouvoir être satisfait de ce que j'ai fait. Qui sait ce qui serait arrivé s'il s'était arrêté de pleuvoir et que nous étions repartis ? Peut-être que si la course avait duré deux tours de plus, j'aurais percuté le mur comme Jean !"
Prost n'est monté sur le podium qu'à cinq reprises, alors qu'il avait signé cinq victoires l'année précédente. Puis est arrivé Suzuka, théâtre de l'avant-dernière manche du championnat...
Comme l'a rapporté Autosport à l'époque, après avoir terminé quatrième du Grand Prix du Japon, Prost a déclaré : "C'était comme piloter un affreux camion. Pas le moindre plaisir."
Le pilote Ferrari parlait d'amortisseurs défaillants, qui avaient rendu la direction incroyablement lourde. Ses paroles ne visaient pas la voiture elle-même, mais les sensations provoquées par cette défaillance. Or, Maranello n'a pas tardé à réagir et l'a renvoyé juste avant la dernière course de la saison, à Adélaïde.
Prost estime avoir été licencié pour des "raisons politiques", car il voulait être davantage impliqué dans la prise de décision afin de faire avancer l'écurie. Il a lancé malicieusement que ceux qui l'avaient remercié avaient eux-mêmes été "virés deux semaines plus tard" !
Lorsque celui qui était triple champion du monde a soudainement été mis à la porte, Ferrari s'est tournée vers son pilote d'essais, Gianni Morbidelli. Même s'il courait pour l'écurie Minardi, motorisée par la marque au cheval cabré, Morbidelli était en vacances lorsque son ami et ancien patron Guido Forti lui a annoncé la bonne nouvelle : une promotion dans ce qui demeurait l'une des trois meilleures écuries du championnat.
Le succès de Morbidelli en F3 Italie et en Coupe d'Europe à Misano lui a permis de signer un contrat de pilote d'essais chez Ferrari pour trois saisons. Il n'avait alors que 23 ans et n'avait pris que 18 départs en Grand Prix avec BMS Dallara et Minardi lorsqu'il a eu cette opportunité inattendue. Imaginez l'honneur, mais aussi la pression, d'être un Italien titularisé par la Scuderia...
"J'avais déjà pu travailler avec Alain Prost et Nigel Mansell lors des essais, c'était comme un rêve pour un jeune pilote", déclare Morbidelli à propos de son rôle d'essayeur. "Prost était mon idole ! Puis, un jour, j'ai pu le remplacer chez Ferrari... J'avais à peine la vingtaine. À l'époque, les pilotes n'arrivaient pas en Formule 1 aussi jeunes qu'aujourd'hui. C'était une expérience exceptionnelle. Courir pour Ferrari était un moment incroyable pour moi."
"Je n'ai reçu le coup de fil m'informant que j'allais rouler pour Ferrari et non pour Minardi qu'à 23 heures, le mardi soir précédant le week-end de course, alors que j'étais en vacances à Port Douglas, en Australie."
Morbidelli a pu réfléchir à ce qui l'attendait pendant le voyage jusqu'à Adélaïde, et il peinait toujours à réaliser lorsqu'il est arrivé. "Remplacer Prost, mon pilote favori... J'ai dû demander au muret des stands, à la radio, pendant les essais libres : 'Je suis en train de rêver ?' Grâce à mon expérience en essais privés, je connaissais très bien la voiture, et je me suis qualifié huitième aux côtés de Jean [Alesi, son coéquipier]."
Morbidelli n'a pas démérité pour son unique Grand Prix en tant que pilote Ferrari. Malgré une météo diabolique en course, son approche constante lui a permis de marquer des points, plus précisément le premier demi-point des 8,5 qu'il allait inscrire en 67 départs dans l'élite.
"À bien des égards, j'ai été très malchanceux ce jour-là à cause de la météo. Il a tellement plu que c'était le Grand Prix le plus court de l'histoire de la Formule 1. C'était très dangereux ; il y avait beaucoup d'incidents et il était impossible de voir la piste."
"Je peux honnêtement dire que j'ai fait de mon mieux ce jour-là. Si j'avais fini sur le podium, peut-être que Ferrari m'aurait donné un contrat pour l'année d'après ? La vie aurait changé pour moi. Parfois, il faut avoir de la chance dans la vie, et les choses ne sont jamais simples."
Après seulement 14 tours et une série de gros accidents, la course a été définitivement interrompue. Mais ce demi-point octroyé pour la sixième place n'est pas représentatif de ce qui aurait été possible avec ne serait-ce qu'un tour de plus...
"En réalité, j'ai franchi la ligne d'arrivée à la troisième place, derrière Senna et Piquet, mais ils m'ont classé sixième à cause de la règle du drapeau rouge. Moralement, j'étais troisième, mais il faut accepter ce que nous réserve la vie."
"Je faisais un travail pour lequel j'ai une grande passion, avec la plus grande écurie au monde, alors je pense pouvoir être satisfait de ce que j'ai fait. Qui sait ce qui serait arrivé s'il s'était arrêté de pleuvoir et que nous étions repartis ? Peut-être que si la course avait duré deux tours de plus, j'aurais percuté le mur comme Jean !"